Blogue des experts en robotique

Robotique en Chine : le Québec peut apprendre des usines intelligentes

Rédigé par Revtech Systèmes | Jan 30, 2026 1:41:45 PM

La Chine, souvent présentée comme « l’usine du monde », ne se contente plus de produire en grande quantité : elle transforme en profondeur la manière dont elle fabrique. Aujourd’hui, ses usines investissent massivement dans la robotique et dans l’automatisation intelligente pour faire face à des défis croissants tels que la hausse des salaires, la pénurie de travailleurs et la compétition internationale, une dynamique qui mérite une réflexion attentive du côté du Québec.

Une croissance fulgurante de la robotisation chez les manufacturiers

Au cours de la dernière décennie, le nombre de robots industriels présents sur les lignes de production en Chine a été multiplié par plus de six, dépassant 1,7 million d’unités installées faisant du pays le troisième au monde en densité de robots manufacturiers, juste derrière la Corée du Sud et Singapour selon les données de la Fédération internationale de robotique.

Plus récemment, la Chine a franchi le cap des 2 millions de robots industriels en fonctionnement, représentant 54 % de la demande mondiale en 2024, ce qui en fait de loin le plus grand marché mondial de robots industriels.

Cette accélération s’explique notamment par des investissements ciblés dans des technologies avancées d’automatisation et d’intelligence artificielle, ainsi que par des stratégies industrielles ambitieuses destinées à moderniser l’ensemble de l’appareil manufacturier.

Des usines intelligentes orientées vers l’efficacité et les coûts

Dans de nombreuses usines chinoises, les lignes de production robotisées tournent 24 h sur 24, sans interruption ni fatigue humaine, un modèle parfois appelé « usines sombres » (dark factories). Ce type d’automatisation permet de maintenir des coûts unitaires bas malgré les pressions tarifaires et les défis liés à la main-d’œuvre, tout en augmentant considérablement la production.

Dans certains cas, l’intégration de robots industriels combinés à des technologies d’IA et d’analytique avancée peut améliorer des aspects comme la précision des opérations, l’utilisation des ressources et la vitesse de production, des leviers qui restent encore sous-exploités dans beaucoup d’entreprises québécoises.

Impacts économiques et structurels

La robotisation à grande échelle en Chine ne répond pas uniquement à la pénurie de main-d’œuvre : elle s’inscrit dans une stratégie nationale de montée en gamme industrielle. Le plan Made in China 2025 a notamment fixé des objectifs clairs pour faire évoluer le pays vers des secteurs à haute valeur ajoutée, où les robots et l’automatisation jouent un rôle central.

De plus, des données économiques montrent qu’en Chine, l’adoption de robots industriels est associée à des améliorations mesurables de la productivité des entreprises, avec des gains qui se concrétisent rapidement après l’intégration de ces technologies.

Et au Québec ? Un appel à la réflexion

Comme en Chine, le Québec fait face à une pénurie de travailleurs qualifiés dans plusieurs secteurs manufacturiers et opérationnels. L’automatisation robotique pourrait aider à réduire la dépendance aux travaux répétitifs tout en libérant les talents pour des tâches à plus forte valeur ajoutée.

Dans un marché globalisé où les chaînes d’approvisionnement se réorganisent, une stratégie proactive d’adoption robotique peut amplifier la productivité et réduire les coûts unitaires, des facteurs essentiels pour maintenir et attirer des activités manufacturières sur notre territoire.

Comme le montre l’expérience chinoise, l’intégration de robots n’est pas seulement une question d’outil, mais de transformation complète des processus. Cela implique une réflexion en amont sur la façon dont les opérations sont conçues, mesurées et améliorées.

Source et photos : www.straitstimes.com