Dans un contexte marqué par les droits de douane américains, le ralentissement du marché de la construction aux États-Unis et l’incertitude entourant les exportations, les entreprises québécoises de transformation du bois doivent trouver de nouvelles façons d’améliorer leur productivité et de diversifier leurs activités.
Pour les aider à franchir ce cap, le gouvernement du Québec a annoncé un investissement de 120 millions de dollars destiné à accroître la performance, la compétitivité et la résilience de l’industrie forestière. Cette intervention repose sur deux nouvelles mesures : le programme FORET et le nouveau volet 5 du programme ESSOR.
Pour les scieries admissibles, ces programmes pourraient faciliter la réalisation de projets structurants intégrant notamment l’automatisation, la robotique, l’intelligence artificielle et la transformation numérique.
Deux programmes totalisant 120 millions de dollars
L’aide annoncée par le gouvernement du Québec est répartie également entre deux programmes complémentaires.
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Programme |
Enveloppe |
Objectif principal |
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FORET |
60 M$ sur un an |
Soutenir les besoins de liquidités et encourager la diversification |
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ESSOR – Volet 5 |
60 M$ sur six ans |
Financer des projets d’investissement structurants |
Bien qu’ils poursuivent un objectif commun, les deux programmes répondent à des besoins différents.
Programme FORET : des liquidités pour soutenir la transformation
Le programme Financement pour l’optimisation et la résilience des entreprises de transformation de bois d’œuvre résineux, mieux connu sous l’acronyme FORET, s’adresse aux scieries québécoises stratégiques qui font face à des enjeux de liquidité en raison de la conjoncture économique.
Administré par Investissement Québec, il dispose d’une enveloppe de 60 millions de dollars pour l’année 2026-2027 et prendra fin le 31 mars 2027.
Le programme offre un prêt pouvant atteindre 5 millions de dollars et couvrir jusqu’à 100 % des dépenses admissibles liées aux besoins en fonds de roulement. Le financement peut comporter un terme maximal de cinq ans ainsi qu’un moratoire sur le remboursement du capital pouvant également atteindre cinq ans.
Une clause libératoire peut permettre de réduire le capital à rembourser lorsque l’entreprise réalise un projet admissible de diversification de sa production ou de commercialisation de nouveaux produits à forte valeur ajoutée. Cette réduction peut correspondre à 15 % des dépenses admissibles en immobilisations, sous réserve des modalités du programme.
Pour être admissible, l’entreprise doit notamment exploiter une scierie de bois d’œuvre résineux au Québec, être en activité dans la province depuis au moins deux ans, avoir réalisé des investissements structurants au cours des dix dernières années et avoir généré un chiffre d’affaires d’au moins 5 millions de dollars au cours de chacune des deux dernières années. L’usine doit également être reconnue comme stratégique par le ministère des Ressources naturelles et des Forêts.
ESSOR – Volet 5 : investir dans la productivité et l’automatisation
Le nouveau volet 5 du programme ESSOR vise directement les projets d’investissement structurants permettant aux scieries de bois d’œuvre résineux d’accroître leur résilience.
Les projets admissibles doivent représenter un investissement minimal de 10 millions de dollars et viser au moins l’un des objectifs suivants :
- diversifier la production;
- développer de nouveaux produits à valeur ajoutée;
- améliorer la productivité grâce à l’automatisation, à l’intelligence artificielle ou à la transformation numérique.
Le financement prend la forme d’un prêt sans intérêt pouvant couvrir jusqu’à 30 % des dépenses admissibles. Une portion équivalant à 15 % des dépenses admissibles pourrait être pardonnée lorsqu’un projet comprend une démarche de diversification ou de commercialisation de nouveaux produits à forte valeur ajoutée.
Le prêt peut être accordé pour un terme maximal de huit ans, avec un moratoire sur le remboursement du capital pouvant atteindre trois ans.
Parmi les dépenses admissibles figurent l’achat et l’implantation d’équipements ou de logiciels, les travaux de construction ou d’agrandissement, les dépenses associées à une transformation technologique ainsi que certains besoins en fonds de roulement directement liés au projet.
À noter que la portion pardonnable ne s’applique pas aux projets qui visent uniquement l’amélioration de la productivité. Le projet doit également intégrer un objectif de diversification ou de développement de produits à plus forte valeur ajoutée.
Quels projets de robotisation pourraient être envisagés?
Les scieries sont déjà fortement mécanisées, mais plusieurs opérations demeurent difficiles à automatiser en raison de la variabilité du bois, des dimensions des pièces et des critères de qualité. Les progrès réalisés en vision industrielle, en intelligence artificielle et en robotique permettent maintenant d’envisager de nouvelles applications.
Selon les besoins de l’usine, un projet structurant pourrait notamment comprendre :
- le tri automatisé des pièces selon leur qualité, leurs dimensions ou l’orientation du grain;
- l’alimentation robotisée d’une jointeuse ou d’un autre équipement de transformation;
- la manutention et l’empilage automatisés du bois;
- la palettisation ou la préparation des produits pour l’expédition;
- l’inspection visuelle automatisée;
- le suivi des données de production en temps réel;
- l’optimisation des rejets et de l’utilisation de la matière première;
- l’intégration de nouvelles lignes destinées à fabriquer des produits à plus forte valeur ajoutée.
L’objectif ne consiste pas uniquement à remplacer une opération manuelle. Une automatisation bien planifiée peut augmenter la cadence, stabiliser la qualité, réduire les pertes de matière, améliorer la sécurité et libérer les employés pour des tâches nécessitant davantage de jugement.
Bien structurer son projet avant de déposer une demande
Un projet admissible au volet 5 d’ESSOR doit être appuyé par un plan d’affaires précisant notamment la nature des investissements, les marchés visés, les coûts estimés, le montage financier, l’échéancier et la contribution attendue à la résilience de l’entreprise.
Avant de choisir les équipements, il est donc important d’établir un portrait précis du processus actuel. L’analyse devrait permettre de déterminer :
- les principaux goulots d’étranglement;
- les volumes et les cadences recherchés;
- la variabilité des produits à manipuler;
- les coûts actuels de production;
- les gains de productivité anticipés;
- les nouveaux produits ou marchés rendus possibles par le projet;
- le rendement attendu de l’investissement.
Cette étape de pré-ingénierie permet de bâtir un projet réaliste, de mieux estimer les coûts et de démontrer clairement ses retombées dans une demande de financement.
Une occasion d’accélérer la modernisation du secteur forestier
Les programmes FORET et ESSOR – Volet 5 offrent aux scieries admissibles une occasion de transformer les défis actuels en projets d’avenir. Ils peuvent contribuer à réduire la dépendance envers certains marchés, à développer des produits à plus forte valeur ajoutée et à accélérer l’adoption de technologies améliorant la productivité.
Les deux mesures prennent fin le 31 mars 2027. Comme les sommes disponibles sont limitées et que la réception des demandes pourrait être suspendue avant cette date, les entreprises intéressées ont avantage à entreprendre rapidement l’analyse et la structuration de leur projet.
Revtech Systèmes accompagne les entreprises du secteur du bois dans l’analyse, la conception et l’intégration de solutions automatisées et robotisées. Notre équipe peut vous aider à évaluer la faisabilité technique de votre projet, à définir les gains potentiels et à préparer un concept adapté à votre environnement de production.
L’admissibilité et le montant de l’aide sont déterminés par Investissement Québec. Les modalités peuvent être modifiées. Consultez les pages officielles du programme FORET et du volet 5 du programme ESSOR avant d’entreprendre vos démarches.
